Можe г курс французского языка в 4-х томах 3-e изд стeр том 4 пeрeвод цывьяна л м спб издатeльство лань 2002 480 с 52 |

certainement fourni des modeles aux peintres, car l’on sait, par le Livre des  metiers, qu’au xiiiA siecle l’on fabriquait en France, a Paris meme, des tapis  imites de ceux qui furent amenes du Levant par les Croises.   Mais en dehors meme des sujets et des cadres, les couleurs de ces  tableaux n’etaient, pour ainsi dire, que des foules accessoires, que des  servantes destinees a faire valoir une autre couleur, le bleu: un bleu  splendide, inoui, de saphir13 rutilant, extra-lucide, un bleu clair et aigu qui  etincelait partout, scintillait comme en des verres remues de  kaleidoscope14, dans les verrieres, dans les rosaces des transepts, dans les  fenetres du porche royal ou s’allumait, sous des grilles de fer noir, la  flamme azuree des soufres.   En somme, avec la teinte de ses pierres, et de ses vitres, Notre-Dame de  Chartres etait une blonde aux yeux bleus.

 

Elle se personnifiait en une sorte  de fee pale, en une Vierge mince et longue, aux grands yeux d’azur ouverts  dans les paupieres en clarte de ses roses; elle etait la mere d’un Christ du  Nord, d’un Christ de primitif des Flandres, tronant dans l’outremer d’un ciel  et entouree, ainsi qu’un rappel touchant des Croisades, de ces tapis  orientaux de verre.   Et ils etaient, ces tapis diaphanes, des bouquets fleurant le santal15 et le  poivre, embaumant les subtiles epiees des Rois Mages; ils etaient une  floraison parfumee de nuances cueillie — au prix de tant de sang! — dans  les pres de la Palestine, et que l’Occident, qui les rapporta, offrait a la  Madone, sous le froid climat de Chartres, en souvenir de ces pays du soleil  ou Elle vecut et ou Son fils voulut naitre***.   J.-K. HUYSMANS. La Cathedrale (1898).

 

Примечания:   1. Герой романа осматривает базилику, чем объясняется использование глаголь-  ного времени imparfait.

 

2. Просвечивающая, прозрачная. 3. Порода, заключающая в  себе минерал или драгоценный камень. 4. Становится подобной красоте серафимов  5. Парчи. 6. Розы, круглые многоцветные витражи.

 

7. По древнему поверью, саламан-  дры способны жить в пламени. 8. В пламени.

 

9. Звук охотничьего рога, возвещающий,  что олень затравлен. Здесь Гюисманс следует принятому в символизме соответствию  426    между цветом и звуком. 10. Трут: из истлевшего трута готовилась темно-коричневая  краска. 11.

 

Сажа: шла на изготовление черной краски. 12.

 

Иератический, т.е.

 

величест-  венно-строгий.

 

13. Драгоценный камень синего цвета. 14. Калейдоскопа. 15 Сандал,  кустарник с ароматной древесиной. Витражи наводят на мысль о Востоке и восточных  благовониях.  Вопросы:   * Relever et etudier tous les termes employes ici pour traduire la beaute presque  immaterielle lie la cathedrale.   ** Par quels procedes l’ecrivain parvient-il a rendre sensible le flamboiement des  vitraux?  *** On essaiera de caracteriser le style de Huysmans d’apres cette page.  L’ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE  DANS cette France litteralement couverte de monuments de toute sorte, il est  une region plus favorisee encore que les autres et qui est comme un des  sanctuaires de l’architecture nationale: c’est cette vallee de la Loire, au ion о  de laquelle la Renaissance parait avoir accumule, comme a plaisir, une  floraison de chateaux.

 

Au fait, il doit y avoir la plus qu’une coincidence: la  rencontre quasi necessaire d’un paysage et d’un art faits l’un pour l’autre,  puisque epris de la meme lumiere et se mirant dans les ondes du meme fleuve…  /  LES CHATEAUX DE LA LOIRE   Les admirables chateaux de l’admirable vallee; plus que double rangee,  non pas double rangee s double lignee, double longee, double cortege,  double jonchee de chateaux1, fleuve que l’on dit qui n’est pas navigable, et  qui porte plus de palais que les autres ne trainent de peniches; quelle autre  vallee dans le creux penche de ses rebords enferme autant de merveilles?  quel autre fleuve a pu se faire un tel cortege royal, fleuve mouvant, de  splendeurs immobilieres2?

 

amours de Cassandre; amours de Marie; amours  d’Astree; poesies pour Helene; amours diverses; odes; eglogues; elegies  hymnes; poemes; Gaietes; poesies alverses; Le Bocage royal ~ tant de  sonnets, parfaits, tant de poemes, parfaits; la purete meme; la ligne et la  teinte; chateaux eux-memes; chateaux et palais de langage francais; et dans  le meme temps, dans le meme pays, dans la meme vallee, du meme geste,  427    dela meme eclosion, du meme langage, du meme style, ciiateaux du meme  langage francais, chateaux et palais de pierres et de briques; doubles  architectures, architectures paralleles; sonnets et poemes qui sont des  chateaux et des palais; chateaux et palais qui etes des sonnets et des  poemes; meme langage, egalement parfait, en deux systemes, en un  systeme de pierre et de brique, en un systeme de mots et de phrases; meme  rythme en deux systemes de monuments — sont-ils egalement  imperissables?

 

— qui disent la meme parole de courtoisie en deux modes,  solides monuments de pierre et de brique, memes et egalement solides  monuments de mots et de phrases, et obeissant aux lois de la meme  pesanteur.   Fleurs, feuilles, dentelles, robes et traines de pierre; fleurs, feuilles,  dentelles, robes et traines de mots (…).   Fleuve qui chante eternellement le poeme de la solitude et de la  tranquillite infinie, le seul pourtant qui ait une cour, le seul qui par une  merveilleuse contradiction interieure vive en effet dans la solitude la plus  eternelle, dans la quietude et dans la tranquillite la plus infinie, dans la paix  du c?ur et dans le noble seul et seul digne silence, et qui dans le meme  temps et pourtant, par une admirable contrariete intime, est aussi le seul qui  se soit fait plus qu’un cortege, plus qu’une cour: le seul qui ait pu se faire  tout un peuple4 de chateaux*.   CHARLES PEGUY. Situations (1906-1907).  Примечания:   I. Rangee evoque seulement des objets immobiles, tandis que lignee evoque la naissance  noble; longee, la promenade; cortege, la procession royale; jonchee, la dispersion sur le sol.  2.

 

Букв, образованные недвижимым, т.е. зданиями.

 

Поэт соединяет здесь идеи непо-  движного и движущегося (замки формируют реку, текущую перед нашими глазами).  3.

 

Перечисляются названия произведений (за исключением «Amours d’Astree») и цик-  лов стихов, написанных Ронсаром, уроженцем здешних мест, а также поэтических  жанров, которые он использовал.

 

4. Il y a gradation entre cortege, cour, peuple — сви-  той, двором, население.».  Вопросы:   * Cherchez dans l’?uvre de Ronsard et dans les chateaux de la Loire dts exemptes  illustrant la comparaison, l’assimilation faite par Peguy.

 

— Etudiez le style de cette page,  fait de retours et de reprises, expression d’un soin, d’un scrupule qui ne veulent rien perdre  de la verite. — Rapprochel Peguy prosateur de Peguy poete (cf. supra: «Adieux a la  Meuse» ).  428    VERSAILLES  En majeste, il parait impossible de surpasser Versailles. Qu’il s’agisse des  batiments ou des jardins, des escaliers ou des pieces d’eau, des allees, des  perspectives ou des marbres, tout y respire la noblesse, la somptuosite. C’est a  peine si les Trianons, avec leurs colonnes d’un rose un peu passe, et le  melancolique Hameau de Marie-Antoinette apportent une note d’abandon,  voire de nonchalance, a un ensemble d’une infaillible surete. Mais, plus encore  que le chateau, qui sans doute impose a l’exces, c’est le parc et la prodigieuse  geometrie dessinee par Le Notre qui aujourd’hui suscitent notre admiration.

 

LA SEMAINE DES ARBRES A VERSAILLES  Chaque annee, durant une semaine environ, a lieu a Versailles une fete  silencieuse et magnifique. Pour y assister, il n’est besoin d’aucune  autorisation et d’aucun privilege. Elle est publique et naturelle.

 

Il suffit,  pour en etre librement temoin, de franchir la haute grille doree qui separe  la place d’Armes de la Cour d’honneur, dont le sol, inegal et dur aux pas,  est doux a l’?il par les nuances delicates et variees de ses paves de gres, de  longer la chapelle, de traverser le vestibule et de s’avancer jusqu’au parterre  d’eau qui mire en ses bassins plats ses nobles statues de bronze, et d’ou l’on  domine un des plus admirables spectacles qu’il soit possible de contempler.  Quelles que soient, en effet, l’heure et la saison, c’est toujours un lieu  sans pareil que ces jardins de Versailles, avec leur double rampe  harmonieuse et leur perspective que termine le Grand Canal1 et qu’encadre  l’ombrage regulier des arbres; mais il est un instant ou ils atteignent une  beaute insolite et particulierement splendide, et ou ils donnent aux yeux  une fete incomparable et qui est comme le moment de leur gloire supreme  et parfaite, celui ou l’automne, prince de l’annee, les visite et y promene sa  melancolie sous sa couronne de feuilles d’or.   A Versailles, l’automne est souverain. Son sceptre y cree une feerie.  Pour le recevoir, les arbres se teintent des plus riches et des plus  somptueuses couleurs, se dorent, s’empourprent de feuillages fastueux,  jonchent les allees et les bassins, emplissent la solitude de l’eclat de leur  parure. Jamais Versailles n’est plus royal qu’en ces jours d’apotheose, qui  durent peu et qu’il ne faut pas laisser passer sans en aller admirer  l’eblouissante brievete, car c’en est bientot fait de cette prodigieuse  pyrotechnie vegetale*. Comme un feu d’artifice, auquel elle ressemble, il  n’en reste bientot plus que des branches noires et denudees. Le prestige  s’est evanoui. La splendeur s’est eteinte. La semaine des arbres est  terminee**.  HENRI DE REGNIER. Sujets et Paysages (1906).  . 429    Примечания:  1. В то время каналом называли любой водоем правильной формы.  Вопросы:  * On expliquera et on justifiera cette curieuse expression.   ** Montrex que le vocabulaire s’ordonne essentiellement autour de l’idee de faste, de  magnificence.  LE CORBUSIER  Par ses realisations audacieuses comme -par les nombreux ouvrages ou il  a expose ses conceptions, Le Corbusier (Suisse d’origine, mais Francais de  culture, et d’ailleurs naturalise) s’inscrit en tete des architectes de notre temps.  Entre tous les merites de ce grand createur, le plus frappant est sans doute son  effort incessant pour mettre une technique revolutionnaire au service de la  simple humanite.

 

L’ARCHITECTURE AU SERVICE DE L’HOMME   Sans avoir jamais voulu m’opposer a Auguste Perret1 mais, au contraire,  beneficiant de son effort, je me suis tres particulierement penche sur le  probleme: logis-urbanisme, binome2 indissociable.

 

Je l’ai explore selon une  regle acquise hors des ecoles: du dedans au dehors, regle qui m’apparait  etre loi de la nature comme aussi bien de l’architecture.  Illustrons:   L’homme (cet homme qui est toujours, devant moi, avec ses dimensions,  ses sens, son affectivite) est assis a sa table; ses yeux se posent sur les  objets qui l’entourent: meubles, tapis, rideaux, tableaux ou photographies et  maints objets auxquels il attache signification.

 

Une lampe l’eclaire ou le  soleil qui penetre par la fenetre, separant l’ombre de la lumiere, opposant  ces deux extremes lourds de reaction sur notre physique et notre  psychique: le clair et l’obscur. Les murs d’une chambre se referment sur lui  et sur ses agencements. Notre homme se leve marche, quitte la chambre,  passe ailleurs, n’importe ou. Le voici ouvrant la porte du logis, sortant de  chez lui. Il est encore dans une maison: un corridor, des escaliers, un  ascenseur… Le voici dans la rue. Comment est fait ce dehors: hostile ou  accueillant? Sur ou dangereux? L’homme est dans les rues de la ville, et le  voici, apres certains actes successifs, hors de la ville, dans la campagne.  430    Pas une secoi’nde, l’architecture ne l’a quitte: meubles, chambre, lumiere  solaire ou artificielle, respiration et temperature, disposition et services de  son logis; la maison; la rue; le site urbain; la ville; la palpitation de la ville;  la campagne, ses chemins, ses ponts, verdure et ciel, nature.   Architecture et urbanisme ont veritablement reagi sur tous ses gestes.  Architecture en tout: sa chaise et sa table, ses murs et ses chambres, son  escalier ou son ascenseur, sa rue, sa ville. Enchantement ou banalite, ou  ennui.

 

Horreur meme possible en ces choses.

 

Beaute ou laideur. Bonheur  ou malheur. Ur»banisme en tout, des qu’il s’est leve de sa chaise: lieux de  son logis, lieux de son quartier; le spectacle de ses fenetres apprete par les  ediles3; la vie de la rue; le dessin de la ville*.   Vous sentez: bien qu’il n’est pas un instant ou la vigilance, la tendresse  aient pu faire defaut. Vous discernez bien cette vocation fraternelle de  l’architecture et de l’urbanisme au service de notre frere homme. Besoins  materiels, appetits spirituels, tout peut etre comble par cette architecture et  cet urbanisme ;attentifs. Vous sentez l’unite des fonctions, la totalite de la  responsabilite, la grandeur de la mission architecture et urbanisme.   Mais beaucoup n’ont pas mesure qu’il s’agit en effet, ici, d’une attention  fraternelle portee a autrui. Que l’architecture est une mission reclamant de  ses servants la vocation. Que, vouee au bien du logis (et le logis abritant  apres les hommes, le travail, les choses, les institutions, les pensees),  l’architecture est un acte d’amour et non une mise en scene. Que s’adonner a  l’architecture, en ces temps-ci de translation d’une civilisation dechue dans  une civilisation nouvelle, c’est comme entrer en religion, c’est croire, c’est  se consacrer, с ‘est se donner**.  LE CORBUSIER.Enfrefien avec les etudiants des ecoles d’architecture (1943).  Примечания.:   1. Знаменитый архитектор, в частности, автор театра «На Елисейских полях» в Па-  риже. 2. Алгебраический термин: двучлен. 3.

 

Членами городского управления, муни-  ципалитета.  Вопросы:  * Qu’v a-t-il d’expressif dans le style de ce paragraphe?   ** N’y a-t-il pas eu d’autres epoques, ou l’architecture, precisement, a pris un caractere  profondement religieux?  431    AUGUSTE RODIN (1840-1917)  EN un pays qui a vu naitre Jean Goujon, Germain Pilon, Puget, Pigalle, Rude  et Bourd-elle, Auguste Rodin occupe incontestablement la premiere place. Et  pourtant le succes n’a point souri aussitot aux efforts de l’artiste, qui heurtait  avec trop de temerite les formules academiques.

 

D’ou le scandale suscite par  des ?uvres grandioses telles que L’Age d’Airain’ou la statue de Balzac.  Rodin a ete un visionnaire de la sculpture. Un createur dont la puissance et  l’ambition depassaient parfois les possibilites d’un art rudement enchaine a la  matiere. Un esprit assoiffe de grandeur, et en meme temps un frere de la misere  humaine.  LES BOURGEOIS DE CALAIS   Sur la place publique de la ville vaincue, affamee et sans armes, les six  bourgeois ont delibere. Pour sauver la ville de la ruine et leurs concitoyens  de la mort, ils ont fait le sacrifice de leur vie, et ils vont se livrer au roi  d’Angleterre1. Le monument de Rodin, ce n’est pas autre chose, dans un  miracle d’execution, que l’instant precis de cet heroisme, unanimement  accepte par les six bourgeois, mais differemment ressenti, selon la diffe-  rence des caracteres qui agissent en ce drame. Les vieillards, decharnes par  les longues privations d’un siege, redressent leurs tailles en attitudes  hautaines, presque provocantes, ou bien se resignent noblement. Les jeunes  se retournent vers la ville, laissant derriere eux, dans un supreme regard, le  regret de cette vie, a peine commencee et dont ils ne connaissent que les  joies… Et le mouvement, les attitudes, les expressions sont si justes, d’un  sentiment humain si vrai que, derriere le groupe, pret a se mettre en  marche, on entend reellement le bourdonnement de la foule qui encourage  et qui pleure, les acclamations et les adieux. Nulle autre complication, nul  souci scenique du groupement; aucune allegorie, pas un attribut2. Il n’y  a que des formes, expressives et belles, si expressives qu’elles deviennent,  veritablement, des etats d’ame. Les bourgeois partent, et le drame vous  secoue de la nuque aux talons.

 

Ce que j’ai fait pour Les Bourgeois de Calais, on peut le faire pour  chaque figure d’Auguste Rodin. (…) Son genie, ce n’est pas seulement de  nous avoir donne d’immortels chefs-d’?uvre, c’est d’avoir fait, sculpteur, de  la sculpture, c’est-a-dire d’avoir retrouve un art admirable et qu’on ne  connaissait plus.

 

Et ce qu’il y a de poignant dans les figures de Rodin, ce par quoi, en  dehors meme et peut-etre a cause de leur propre beaute sculpturale, elles  432    nous touchent si violemment, c’est que nous nous reconnaissons en elles, et  qu’elles sont, comme le disait Stephane Mallarme, «nos douloureux  camarades*».

 

OCTAVE MIRBEAU. Des Artistes.

 

Примечания:   1. Эдуарду III (1312 — 1377).

 

Осада Кале происходила во время Столетней войны.

 

2 Деталь, конкретно определяющая социальное положение, профессию и т.п.  Вопросы:   * Appreciez la justesse de cette page d’Octave Mirbeau, par comparaison avec la photo  de la page precedente. — Connaissez-vous d’autres ?uvres de Rodin, ou la -puissance ne  s’exprime plus d’une facon aussi litteralement descriptive?  NOTES SUR ANTOINE BOURDELLE  (1861-1929)  BOURDELLE n’a pas ete seulement un des -plus grands sculpteurs de notre  temps. Comme un Leonard de Vinci ou un Michel-Ange, c’etait aussi un  createur capable de s’exprimer de multiples facons: en peinture, en poesie, en  musique, par exemple.  CLAUDE AVELINE, qui, tout jeune, eut la chance de se compter parmi les intimes  de l’artiste approchant de la fin de sa vie, n’a pas manque d’etre frappe par la  prodigieuse vitalite qu’il manifestait toujours et qui lui faisait regretter de  n’avoir pas «trois cents annees» devant lui pour donner forme a toutes les  puissances de son genie.   C’etait a Saint-Cloud, il y a quelques annees, dans la belle maison du  docteur Couchoud. M. France1 etait son hote et vivait la tranquille, loin des  importuns, au milieu de vieux livres et de pierres anciennes.

 

Il me permit  de le venir voir, un matin.   Je fus recu dans la grande salle claire qui surplombe la ville et la  campagne. On devinait a l’horizon Paris, couvert de fumees et de brumes  melees.

 

Dehors, les premiers froids d’automne. Ici, une chaleur apaisante et  legere.

 

Sur un socle, un buste de terre, par Bourdelle: M. France, la tete un  peu penchee, les epaules nues, songeur. Il dominait la piece et paraissait  l’emplir.

 

11 attirait le regard, le fixait, l’enchantait.     433     Or, un bruit de savates me fit tourner les yeux.

 

Je vis M. France lui-  meme, souriant. Je regardai de nouveau le buste, grave.

 

Mes yeux allerent  plusieurs fois de cette gravite a ce sourire.

 

Et M.

 

France me dit: «Vous  vous demandez lequel est le vrai?» Aujourd’hui, c’est le France de  Bourdelle qui est le vrai. Le visage de notre maitre ne vit plus que par cette  effigie.

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